Relation entre la qualité du sperme, l’infertilité et la mortalité

Cette étude américaine de la Stanford University School of Medicine, qui sera officiellement publiée dans la revue Human Reproduction en juillet 2014, avait comme objectif de déterminer, chez les hommes suivis en clinique de fertilité, la présence ou non d’une association entre les paramètres du sperme et la mortalité.
Vidéo Sperme
En tout, 11 935 hommes ont été évalués pour infertilité de 1989 à 2011. Pendant un suivi de 92 104 années-personnes, 69 des 11 935 hommes sont décédés (0.58%). L’âge moyen lors de l’évaluation pour infertilité était de 36.6 ans, avec un suivi moyen de 7.7 ans.
Lorsque comparés à la population générale, les hommes évalués en clinique de fertilité ont un risque plus faible de décès avec 69 décès observés comparativement aux 176.7 attendus (taux standardisé de mortalité de 0.39, intervalle de confiance à 95% : 0.30 à 0.49).
Par contre, après stratification par les paramètres du sperme, les hommes présentant des paramètres anormaux de sperme (c.-à-d. une infertilité masculine) avaient un taux de mortalité nettement plus élevé par rapport aux hommes infertiles présentant des paramètres normaux de sperme (c.-à-d. absence de cause masculine).
Un plus petit volume d’éjaculat, une concentration plus faible de spermatozoïdes et une mobilité réduite des spermatozoïdes ont tous été associés à un risque plus élevé de décès. En revanche, la morphologie des spermatozoïdes n’a pas été associée à un risque accru de mortalité.
Bien que l’ajustement de l’état de santé actuel atténue l’association entre la mortalité et les paramètres du sperme, les hommes suivis en clinique de fertilité qui ont deux paramètres de sperme anormaux ou plus présentent toujours un risque 2.3 fois plus élevé de décès prématuré par rapport aux hommes infertiles avec sperme normal (IC à 95% 1.12 à 4.65).
En conclusion, les hommes infertiles qui présentent des paramètres anormaux de sperme ont un taux de mortalité plus élevé par rapport au groupe contrôle infertile avec spermogramme normal, ce qui laisse présumer que la qualité du sperme est un indicateur de l’état de santé en général. Le taux de mortalité plus faible par rapport à la population générale s’explique probablement par le fait que les hommes qui consultent en clinique de fertilité proviennent principalement de groupes ayant un meilleur statut socioéconomique et/ou une meilleure éducation.

Semen quality, infertility and mortality in the USA: http://humrep.oxfordjournals.org/content/29/7/1567.abstract

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